26 juin 2006
90ème anniversaire de la bataille de Verdun

A l'occasion du 90ème anniversaire de la bataille de Verdun nous avons tenu à rendre hommage aux millions d'anonymes qui y combattirent de février 1916 à décembre 1916. Nous avons choisi de le faire en évoquant le dernier des combattants français, depuis peu disparu. Car à ce jour il n'y a plus aucun combattant français encore en vie, à avoir connu l'enfer de Verdun.
L'ultime survivant français était Monsieur René Moreau (08-09-1897 / 26-10-2005, 108 ans). De la classe 17, il est mobilisé en 1916 au sein du 112ème régiment d'artillerie lourde. Sous-officier artilleur, il commande une unité de tir, grimpé sur son cheval. Sa première affectation est Verdun. Son unité de tir se déplace fréquemment sur la ligne de front, mais aussi sur des positions plus isolées (dans des excavations). Un jour, lors d'une avancée en terrain accidenté, son unité doit subitement faire face à des gaz allemands (le gaz moutarde). Il ordonne alors le retrait stratégique de son unité. Cette décision sauve ses camarades et lui vaut la Croix de guerre (nous savons que Monsieur Moreau y était très attaché).
En novembre 1917, il est reversé avec 50.000 soldats français et britanniques, sur le front italo-autrichien. L'Italie était alors alliée à la France et à la Grande-Bretagne, l'Autriche à l'Allemagne. Ce soutien va permettre aux italiens de maintenir une solide ligne de front sur les rives de la Piave (ce peu après la lourde défaite de Caporetto, en nov. 1917). Le régiment d'Angoulême de Monsieur Moreau est placé sous les ordres du général français Jean Graziani. En juin 1918 les troupes italiennes résistent à la grande offensive austro-hongroise (en particulier grâce à l'artillerie française). Le 26 octobre, le 112e RA de Monsieur Moreau passe la Pave et creuse, avec l'aide des britanniques, des brèches dans la ligne de défense austro-hongroise. Les troupes italiennes s'y engouffrent jusqu'à la victoire décisive de Vittorio Venetto. L'Autriche (et ses alliés orientaux) capitule, laissant le sud de l'Allemagne sans réels moyens de défense. On sait l'importance de cette rupture de front dans la capitulation de l'Allemagne (une semaine après celle de l'Autriche).
René Moreau est démobilisé en 1919. De retour dans la vie civile il effectue une belle carrière dans le textile : il dirigera longtemps une importante entreprise à Angoulême. Comme beaucoup de Poilus, il restera discret sur son passé d'ancien combattant et gardera pour lui le souvenir de ses camarades morts au combat.
A travers son histoire, nous saluons et honorons la mémoire de tous les soldats qui, il y a 90 ans, furent engagés dans une des plus sanglantes batailles de l'ère "moderne" : celle de Verdun.
source: Bibliothèque Nationale, dernier survivant de la 1ere guerre mondiale
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